Yann Le Pollotec (Section du Blanc Mesnil)
Nous sommes à la veille de bouleversements d’ampleur comparable à ceux qui ont suivi août 1914.
17 octobre 2008
La nature de la crise qui ronge le système financier mondial, n’est pas seulement fonctionnelle. Produite et alimentée par la déflation salariale et le surendettement des ménages, elle touche le moteur même du capitalisme financier. Les mesures d’isolement des « actifs toxiques » et de refinancements des banques permettent de gagner du temps, mais n’arrêtent en rien la machine infernale qui produit la crise. C’est le fonctionnement du crédit qui est atteint, et avec lui toute la confiance de la société capitaliste occidentale en son avenir. Cette crise dépasse le cadre de l’économie. Elle est le révélateur d’une crise globale et profonde de civilisation et une nouvelle phase de la lutte des classes. Elle marque le mouvement de basculement du centre de gravité du capitalisme de l’occident vers l’Asie. Faute de légitimité démocratique, les risques d’éclatement de la zone euro, voire de l’Union Européenne, ne sont en rien négligeables. Face à une époque radicalement nouvelle et qui pose des problèmes inédits à l’humanité, il est impossible de bâtir une orientation politique pertinente à partir de la compilation des réflexions produites dans les années suivant la chute du mur de Berlin. De même, hybridation d’organisations et de groupes qui ont eu leur raison sociale en 68 et dans les années quatre-vingt, ne peut pas déboucher de part leur logiciels originels sur une force politique nouvelle, cohérente et crédible. Avant même le mûrissement de la crise, le présidentielle de 2007 comme l’échec de l’ Arc-en-ciel en Italie ont montré qu’une hybridation d’ersatz de cultures politiques communiste, trotskiste, libertaire, écologique et socialiste est incapable de produire une force propulsive. Preuve que la politique n’est pas affaire d’additions, de pourcentages électoraux ou de catégories sociologiques. La vraie question politique qui nous est posée est de démontrer à notre peuple qu’il n’est pas impuissant face au capitalisme globalisé et à sa crise, et qu’il possède en lui-même et avec les autres peuples les ressources nécessaires à la satisfaction universelle des besoins collectifs et individuels. A ce titre, je pense que le projet de base commune offre un début de pistes originales. C’est avant tout une invitation au travail, à sortir des schémas habituels que nous avons ressassés de congrès en congrès et non un produit fini.

