Présentation des vœux de la Fédération de Seine-Saint-Denis du PCF
Intervention de Jean-Marie DOUSSIN, secrétaire départemental
24 janvier 2008
Intervention de Jean-Marie DOUSSIN Présentation des vœux de la Fédération Seine-Saint-Denis du Parti Communiste Français
Chers Camarades, Chers Amis, Mesdames, Messieurs,
Jacqueline Rouillon, qui nous accueille dans sa ville de si bonne façon, va nous rejoindre. Je tiens également à excuser tout de suite Marie-George Buffet qui est retenue.
Merci, d’être venu ce soir pour nos vœux 2008. Les vœux sont toujours l’occasion de se souhaiter le meilleur. Et pour cette année 2008, à vous tous, après d’autres, en mon nom personnel et au nom de la direction départementale, je formule des vœux de bonheur, de paix, pour vous et vos proches.
Bienvenue aux élus et aux militants, bienvenue aux représentants du monde associatif, bienvenue aux représentants des cultes, bienvenue aux représentants des Verts, du Parti Socialiste, du MRC, PRG, du MARS, bienvenue à vous tous.
Victor Hugo disait : « Vous voulez les pauvres secourus, moi, je veux la misère supprimée ».
Combien cette phrase, frappée du sceau du bon sens, est pourtant loin d’être une réalité. Pire, pour Sarkozy, même les pauvres ne méritent pas d’être secourus ! Il a entrepris de liquider les principes de solidarité, le pacte social et républicain dont la France s’est doté, pour encore appauvrir les pauvres et enrichir les riches. C’est le chacun pour soi, l’individualisme est érigé en principe de vie, la droite nous fabrique une société fragmentée, dans laquelle les gens devraient vivre encore plus isolés. La politique des salaires procède de ces logiques, et combien est trompeur le slogan : « travaillez plus pour gagner plus ». Ainsi, quand Sarkozy évoque la question des salaires, il parle du sien, il parle de celui de ses amis adhérents au CAC 40, il parle de celui des patrons du Medef. D’un côté une pluie de milliards, de l’autre des milliards de prélevés. Heureusement, des résistances s’organisent, des combats se déroulent dans lesquels on ne négocie pas les revendications du patronat comme c’est le cas actuellement, mais sur les exigences des salariés. En Seine-Saint-Denis, sur la plate-forme de Roissy, ceux de Shératon viennent d’obtenir le 13ème mois et une augmentation de salaires de 2.5%, ceux d’Aéropass viennent d’arracher à leur direction 1000 euros de prime.
La France, le monde, la planète sont malmenés. Les peuples souffrent. La prolifération des armes nucléaires menaçait l’humanité, maintenant, c’est y compris le mode de production qui menace notre planète. C’est pourquoi il y a urgence vitale à trouver d’autres modes de développement, à inventer les contours d’une autre société de libération et d’émancipation humaine, à initier une politique internationale fondée sur la paix, sur le respect des peuples.
Dans une frénésie illustrative des rancoeurs accumulées, démonstrative de ses appétits revanchards, l’UMP, tape contre tous les droits et les acquis des salariés, des chômeurs, des retraités, des jeunes. Rien n’échappe à cette boulimie destructive.
Toutes et tous, nous devons porter un regard lucide et sans a priori sur les échecs de la gauche, et les reculs idéologiques successifs qui les ont accompagnés. Echec de l’union de la gauche, échec de la gauche plurielle, échec du mouvement antilibéral, et en corollaire, émergence d’une pensée unique, d’une absence de remise en cause frontale du capitalisme, droitisation de la pensée. Comment ne pas être pris de nausée quand Sarkozy accueillant Blair voit en lui un socialiste qui aurait à l’image d’autres toute sa place au gouvernement, et quand le libéral Blair annonce que nous avons de la chance d’avoir Sarkozy comme président. Mais qui a de la chance ? Les privilégiés de la fortune, les grands actionnaires, les Bush et les va-t-en guerres de tous acabits. Le récent accord militaire avec les Emirats Arabes entraîne notre pays dans l’alignement sur la logique américaine et dans la voie d’un affrontement possible avec l’Iran.
Sarkozy évoque maintenant le besoin de civilisation.
Cela renvoie au choc des civilisations, cher à son mentor Bush, donc au combat contre l’empire du mal. Cela renvoie à l’époque où des hommes « civilisés » apportaient à des « sauvages » la civilisation, le bonheur, au besoin contre leur volonté. C’est la remise en avant de la colonisation, version moderne de l’esclavagisme. Voilà pourquoi, Sarkozy refuse la repentance, voilà pourquoi il trouve des côtés positifs à la colonisation, enfin voilà pourquoi il instrumentalise même la religion comme élément déterminant pour donner de l’espoir à ceux qui meurent de faim. Voilà pourquoi Sarkozy se fait le héraut (chantre) de l’occident chrétien.
En fait de rupture, c’est le retour, le retour sur un siècle de progrès et d’émancipation, c’est le retour sur 68 dont on fête le 40ème anniversaire, c’est le retour sur 36, c’est le retour sur 1905. Rupture décidemment non, retour sur les pires modèles réactionnaires du 19 siècle, oui.
Cher-e-s Ami-e-s, Cher-e-s Camarades,
2008 sera l’année des élections municipales et cantonales. Nous l’avons déjà dit avec force, mais je veux le redire ce soir, face aux attaques extrêmement graves de l’équipe de Sarkozy, le peuple de Seine-Saint-Denis a besoin de pôles de résistances pour contribuer à s’opposer aux mauvais coups. Il a besoin, plus que jamais, d’élus bien à gauche. Il a besoin d’un Conseil général qui construise des projets et de la réussite pour tous, d’un Conseil général qui s’oppose fermement aux politiques de transferts de l’Etat sur les collectivités locales, d’un Conseil général qui soit porteur de révolte et de justice, de dignité et de respect. A cet égard, que n’a-t-on entendu ? La fin du communisme de gestion, la disparition d’élus dépassés et j’en passe. A n’en pas douter nous sommes confrontés à une vaste offensive idéologique. J’entends certains à gauche dire que nous entretenons la paupérisation de la population, ou que nous construisons des logements sociaux pour y loger un électorat captif. Comme vous, je suis scandalisé par de tels propos, car qui entretient la paupérisation des travailleurs, et des exclus ? Ce sont la droite et le grand patronat ! Qui refuse de construire des logements sociaux ? C’est Raoult et ses amis ! Alors, arrêtons ces faux arguments qui contribuent à stigmatiser toujours plus notre département et ses habitants !
Je veux vous le dire ce soir, je suis optimiste. Il ne faut pas confondre les scrutins nationaux et locaux. Le Conseil général et son président, mon ami Hervé Bramy ont un bilan. Ce Conseil général a une démarche avec des idées forces qui seront mises en débat lors de la soirée du 22 janvier à Bobigny. D’ores et déjà de nombreuses personnalités de tous horizons issues du département ont annoncé leur présence, nous allons Chers amis et Chers camarades créer la surprise. Cette participation très large n’est pas un ralliement mais l’affirmation que c’est dans le rassemblement et dans la clarté des objectifs que l’on gagne, que ce département peut gagner. Il gagne déjà sa reconversion économique, il gagne déjà en richesse culturelle avec des gens d’exception, il gagne déjà la reconnaissance de son niveau environnemental, il gagne déjà sur ses solidarités actives, sur les moyens qu’il affecte pour les plus démunis et pour les plus jeunes. Finalement au regard de tels enjeux, combien paraissent petites les ambitions exprimées ici ou là.
Permettez-moi de dire encore quelques mots à ce sujet. Surtout, n’oublions pas que la droite veut clairement faire valider, à l’occasion de ces scrutins, sa politique nationale.
Dans notre département, elle part unie et déterminée à gagner de nouvelles villes ; l’offensive de Sarkozy autour des enjeux de sécurité ou l’annonce du « plan banlieue » en témoigne.
Du coup notre démarche politique de porter haut et fort le drapeau du rassemblement de la gauche sans exclusive, de permettre aux populations de se donner des élus déterminés à résister à Sarkozy, des élus qui ne soient pas prêts à négocier ou à partager des listes avec la droite, prend tout son sens et est entendue. Nous menons ce combat du refus de la division à gauche, parce que la situation l’impose, parce que les gens nous le demandent.
Voyez-vous, pour moi la bataille contre Sarkozy doit se conduire sur deux axes indissociables : le rassemblement pour l’efficacité, et la clarté politique sur le contenu. Car, si la peopolisation, l’omniprésence médiatique de Sarkozy est insupportable, c’est quand même sur le fond que la bataille doit s’engager, c’est sur le SMIC à plus de 1500 euros, sur les services publics, sur une autre construction européenne, sur la fin des privilèges, sur la remise en cause du pouvoir de l’argent, sur une autre politique de santé, de retraites, d’éducation, de logement, d’environnement, sur une politique qui place à chaque fois l’Homme au cœur de préoccupations, sur une politique de libération de l’homme.
Là se situe pour moi l’enjeu du référendum sur le traité de Lisbonne. Cette campagne sur le référendum n’est pas une campagne pour l’honneur, mais une campagne pour gagner. Vous avez devant vous le trombinoscope des parlementaires de la Seine-Saint-Denis. Nous vous proposons de tous les interpeller sans exception, pour qu’ils respectent le choix des électeurs de leur circonscription. C’est une question de respect et de démocratie. Les honteux, les mal à l’aise, les penauds doivent être mis en responsabilité devant les électeurs. Nous ne leur demandons qu’une chose : voter contre, non pas parce que c’est leur conviction mais parce que c’est le respect du vote des citoyens en 2005. C’est après dans le cadre du débat public que les arguments pourront s’échanger, et que chacun pourra dire son choix. Mais pour cela, vous le savez, les 2/5 du congrès doivent dire non. Il n’est pas trop tard, dans les jours à venir, nous ferons le point régulièrement sur le site de la Fédération, et je vous donne à tous rendez-vous le 2 février à la halle Carpentier à Paris pour un après-midi de luttes et d’unité dans ce grand bras de fer pour la démocratie, et le 4 février à Versailles.
L’année 2008 sera également l’année des Congrès pour toute la gauche, et singulièrement, celle du Congrès des communistes. Nous sommes tous confrontés à un défi planétaire et il y a urgence à apporter des réponses et des solutions. La gauche est en crise, elle doit s’interroger sur la nature des réponses qu’elle met en avant. Tous les partis sont confrontés à ce besoin de clarification. Il y a là une étape importante dans le devenir du Parti Communiste Français et plus largement pour les militants de la libération humaine. Un véritable bouillonnement d’idées, de propositions a vu le jour au lendemain de l’échec du mouvement antilibéral. Cela veut dire que nous sommes nombreux à penser que l’avenir d’idéaux ne peut se cantonner aux seules élections mais que c’est le mouvement des idées, la recherche de voies nouvelles qui comptent. Bien sûr, la question du communisme est posée. Je pense que la meilleure manière de pérenniser cette pensée, et cet objectif, c’est d’inventer un Parti Communiste, adapté dans son fonctionnement aux exigences d’aujourd’hui. Un Parti Communiste disponible et ouvert aux milliers de femmes et d’hommes qui veulent changer la société, un Parti en capacité d’inventer des lieux d’actions et de construction politique. Nombreux sont encore ceux qui doutent, qui s’interrogent. Je souhaite que chacun se retrouve dans une organisation communiste qui soit pleinement la sienne, je souhaite qu’ils aient du plaisir renouvelé à y militer dans la fraternité et dans l’exigence d’un monde meilleur, je souhaite pour 2008 et pour l’avenir que militants, adhérents, déçus, sans carte, soient de nouveaux des communistes heureux !
Cher-e-s ami-e-s, Chers Camarades, passons ensemble une bonne et heureuse année 2008, cela dépend aussi de nous tous. En attendant, je vous souhaite de passer une bonne soirée, soirée qui est rendue possible grâce au dévouement des militants de la Fédération, qu’ils soient ici publiquement remerciés de leurs efforts, parce que décidemment le militantisme, çà n’a pas de prix !
Saint-Ouen, le 17 janvier 2008.


