Philippe PIVION (Montreuil)
Le capitalisme est à dépasser. Inventons l’après…
16 octobre 2008
La situation financière internationale a fait progresser dans les consciences, l’idée que le capitalisme est à dépasser. Notre congrès devra approfondir cette question. Ce n’est pas une question de spécialistes, les réponses ne sont pas que financières, elles seront avant tout politiques.
Sur les causes : c’est la recherche constante de rentabilité financière à très court terme qui conduit à cette impasse. Mais le capitalisme dans son essence n’a pas d’autres choix. Les partis de droites et le réformisme ont accompagné, voir anticipé les exigences du capitalisme. La conversion de la droite et d’une frange du Parti Socialiste au libéralisme n’est pas une anecdote, c’est une démarche imposée par les marchés. Des exemples : Sarkozy et ses amis ont d’abord choisi d’aider les riches avec le bouclier fiscal, c’est un coup contre la croissance. Ensuite, ils ont voulu libéraliser l’économie, c’est-à-dire privatiser à tout va, c’est un coup pour la spéculation donc contre la croissance et le mieux être de la population. A l’étranger des choix identiques ont prévalu, ce sont ces choix politiques qui sont à l’origine de la situation. D’autres choix sont donc à mettre en œuvre.
Certains osent encore annoncer que cette crise serait celle de la finance et des excès d’une économie immatérielle. Or la crise est globale. Elle touche à l’écologie, avec des dangers non maîtrisés, elle est alimentaire avec la spéculation sur les denrées de base et la faim qui taraude des peuples entiers, elle est démocratique avec les reculs des droits, avec l’avènement de régimes autoritaires, dictatoriaux, avec la montée des intégrismes. Enfin cette crise est celle du système capitaliste lui-même puisque son exigence de rentabilité financière ce fait à son propre détriment. Tel Saturne dévorant ses enfants, le capitalisme s’automutile et détruit des forces productives gigantesques.
Les communistes ont beaucoup à faire dans ce contexte. La destruction de milliers de milliards d’euro ou de dollars pour sauver des banquiers n’est pas admissible. Jamais de telles sommes n’ont été injectées, pour aider l’Afrique par exemple. Les peuples seront saignés pour en payer l’addition. Il faut donc débattre, discuter, faire des démonstrations : celle que de l’argent, il y en a, celle que chaque euro, chaque dollar disponible doit être utile pour la vie ; que chaque euro ou dollar investi doit l’être comme levier transformateur de la société ; qu’un nouveau mode de production et d’échanges doit émerger, qu’il faut inventer. Un travail gigantesque nous attend, mais il est enthousiasmant !
Philippe PIVION Section de Montreuil


