Paul CASTA (Pantin)

Ma contribution pour le congrès. Elle est individuelle.


16 octobre 2008

Il faut faire un projet qui fasse rêver disent de nombreux camarades. Pourquoi pas ? Et si chacun faisait connaître ses rêves ? Voici, en vrac, quelques uns des miens.

LA RETRAITE

Je suis à la retraite depuis 5 ans. Mon épouse, 10 ans plus jeune que moi, y sera dans 5 ans. Si on impose le retour aux 37,5 annuités, elle partirait à 56 ans et 6 mois. Nous en profiterions, ensemble, pendant 3 ,5 ans de plus.

LA PENSION

Les dépenses ne diminuent pas à la retraite. Certes, les billets de trains et d’avions sont moins chers mais les autres tarifs ne baissent pas en fonction de l’âge. De plus, les besoins de dépenses de santé augmentent. Il ne serait pas exagéré qu’un salarié après avoir cotisé 37, 5 ans ait une pension égale à son meilleur salaire, primes comprises.

LA SECURITE SOCIALE

La moindre des choses serait de rembourser complètement tous les médicaments, tous les soins, les lunettes, les dents, les appareils auditifs ... et supprimer toutes les mesures d’économies, sur le dos des malades, prises ces dernières années. Par contre, récupérer un peu d’argent des laboratoires ne serait pas inutile !

LE SMIC NET A 1500 E

Il devrait être vraiment un minimum. Il permettrait de vivre dignement à ceux qui le gagnent et l’argent ainsi économisé par leurs parents pourrait servir à d’autres dépenses.

LA TAXATION DES PRODUITS FINANCIERS

Nous disons souvent qu’il suffirait de taxer les produits financiers au même niveau que les salaires (environ 16 %) pour avoir les moyens de réaliser certaines de nos propositions. Il se trouve que les salariés cotisent pour la retraite complémentaire, la mutuelle ....

Ces cotisations sont rendues obligatoires en raison de la politique économique, pour l’essentiel, favorable aux gros actionnaires. Ce serait justice de taxer les produits financiers non pas au niveau des retenues obligatoires mais aussi à celui des retenues rendues obligatoires par la politique menée (environ 25 %). Chiffrer ce que cela rapporterait et indiquer ce qu’il serait possible de faire avec l’argent ainsi récupéré devrait être mobilisateur.

L’UNION

En 1968 nous avons eu des acquis qui, dans de nombreuses têtes, n’avaient même pas été imaginés. Seulement voilà : le rapport de forces était là. Le 17 juin dernier il y a eu 500 000 manifestants , 200 000 de moins que le 22 mai . C’est certainement pour cette raison que les organisations syndicales organisatrices ont annoncé le soir même la préparation d’un Automne chaud. Elles savaient pourtant qu’en Eté allaient être votées des lois pas très sympathiques.Je pense qu’avec une présence de 2 à 3 millions de manifestants les décisions auraient été différentes . Pas seulement pour les organisations syndicales ayant appelé à l’action ce jour là mais aussi pour les autres , le gouvernement et quelques autres . Cet exemple, me semble – t’il , illustre bien le fait que c’est le rapport de forces qui donne la marche à suivre. En ayant cela à l’esprit je pense aux propositions contenues au début de cette contribution. Elles peuvent paraître exagérées tellement le rapport de forces est insuffisant. Le faire grandir ne sera pas chose simple.

Au début nous trouverons nos alliés parmi ceux qui sont hostiles à toute alliance avec les socialistes pour aller au pouvoir. Par contre au fur et à mesure que le mouvement grandira des, puis, les socialistes le rejoindront. Mais il faudra que nous nous soyons bigrement renforcés pour envisager un retour au gouvernement avec eux. N’oublions pas non plus les verts. Ils préfèrent faire élire leurs responsables maire de villes dirigées par un communiste (Bègles, Montreuil) plutôt que par quelqu’un de droite.

Pour moi, il n’y a pas de doute, la politique de la droite est bien pire que celle de la gauche plurielle mais je n’oublie pas que c’est cette politique là, et non le nombre de candidats, qui a permis la présence de LE PEN au deuxième tour en 2002 et tout ce qui a été fait depuis. Nous n’allons pas réécrire l’histoire. Servons nous en comme d’un rétroviseur. Avançons mais avec l’œil souvent dessus.

L’union n’est pas chose facile. Nous sommes certainement nombreux à avoir participé, à différents niveaux, à la rédaction de déclarations communes signées par un chapelet de sigles. Pour y arriver il a fallu en rabattre, très souvent au-delà de la dose prescrite. Que de concessions, que de temps passé souvent pour pas grand-chose. Combien de nos valeurs, de nos propositions avons-nous du mettre dans un bain d’eau de javel avant de les voir s’effacer de notre mémoire collective en raison de notre volonté de faire triompher l’union.

Pourtant l’union est indispensable. Plutôt que d’écrire des textes en commun ne serait-il pas mieux que chaque "partenaire" se batte avec ses arguments ? Lorsque des partis, syndicats, organisations, sont d’accord pour atteindre le même objectif il est normal qu’ils le fassent savoir. Pour y arriver chacun mobilisera mieux ses adhérents, ses sympathisants avec son langage habituel. Cela sera plus efficace qu’en utilisant un argumentaire affadi.

LE PARTI

Il est arrivé que la joueuse de tennis Amélie MAURESMO soit n° 1 mondiale parce qu’elle n’avait pas joué. C’est avec cette démarche d’esprit qu’ont été analysés les résultats des cantonales. Nous n’avons pas pris en compte les cantons ou nous n’avions pas été en capacité de présenter de candidats. Mais ou va-t’on ? Comment être crédibles ne serait-ce qu’auprès des communistes ?

Depuis de nombreuses années et particulièrement lors de notre participation au gouvernement de la gauche plurielle nous n’avons pas donné une bonne opinion de notre parti. Franchement qu’est-ce qui nous a pris, après l’expérience récente de notre participation au gouvernement avec un parti socialiste dominateur, d’aller dans cette galère ?

Il ne s’agit pas de ne pas prendre en compte ce qui s’est passé les décennies précédentes mais dans les années 1990 il y a eu surdose d’émissions pour démontrer que nous n’étions plus staliniens .IL est arrivé, trop rarement, que soient rappelés quelques points positifs de notre activité pendant cette période. Selon moi ce qui en a été retenu c’est que notre bilan était tout à fait négatif. Et c’est bien dommage.

Notre attitude ces dernières années a effacé de la mémoire collective le fait que les membres, les élus, les ministres du P C F ont pour une grande part permis d’avoir les acquis de 1936 et de la libération. Maintenant, ces acquis, SARKOZY sa bande et leurs prédécesseurs s’en donnent à cœur joie pour les mettre en pièces. Et le P C F n’aurait plus aucune utilité ? Ou alors il faudrait qu’il avance masqué. Mais ou va- t’on ?

De plus les résultats des élections, en ce début de siècle et déjà à la fin du précédent, n’aident pas à nous faire prendre au sérieux par ceux à qui nous nous adressons. Et puis parmi eux, y compris des communistes, nombreux sont ceux qui, en raison de la politique menée, doivent faire face à une multitude de soucis. Ils ne pensent qu’à une chose : une solution rapide à leurs problèmes .Si nous allons vers eux en leur disant :

Vous allez voir ce que vous allez voir ! Nous allons faire un projet du tonnerre de dieu .Nous allons participer à une union de la gauche qui, au pouvoir, fera une politique vraiment de gauche.

Nous allons, en Europe, faire en sorte qu’il y est l’égalité par le haut, rien qu’avec des bonnes choses pour les petites gens. Quant au monde, une fois le capitalisme dépassé, il n’y aura plus de sida et dans aucun pays on ne saura même plus écrire le mot faim.

Je ne pense pas que ce discours soit, ne serait-ce, qu’écouté. J’ai la faiblesse de croire ceux qui disent : "ventre affamé n’a pas d’oreille " , "charité bien ordonnée commence par soi même".

Il ne faudrait pas que de mauvaises langues disent à l’instar des Shadocks qui pompaient, pompaient, pompaient, les communistes discutent, discutent, discutent. Bien sûr de ci de là des communistes agissent mais les médias n’en parlent pas. Il faudrait réussir à faire agir tous les camarades et trouver des initiatives fédératrices.

Soyons modestes, ayons l’ambition d’unir les communistes. Nous sommes 134000, nos finances sont en mauvais état, celles de l’HUMA ne sont pas mieux et nous voulons faire monts et merveilles. J’ai l’impression que des camarades se dirigent vers le MONT BLANC sur des échasses. Attention ! Il y a encore de quoi faire au sol .Sil est toujours vrai qu’il faut être un pas seulement devant les masses, ça signifie que les communistes doivent rester groupés et faire le pas tous ensemble. Ne nous fixons pas des objectifs qui donnent le vertige et par là même sont démobilisateurs.

Pardon pour les citations. En voici une autre .Elle nous était donnée dans les écoles du PARTI. "les changements quantitatifs entraînent les changements qualitatifs et inversement ". Dans notre situation cela pourrait se traduire ainsi : Si tous les communistes sont intéressés par des objectifs à leur portée et les concernant directement ils militeront pour les atteindre. Là encore on se renforcera et le contenu de notre politique, partant du vécu et de la réflexion de chacun, s’améliorera. C’est peut-être ainsi que nous referons percevoir l’utilité du PARTI.

Pour l’union avec les autres nous avons souvent estimé devoir en rabattre. Et pas qu’un peu .Ce serait bien d’en rabattre aussi pour nous. Surtout qu’à l’extérieur personne ne fait de trêve avec un parti en notre état il leur est plus facile de mener leur politique. Alors .........."groupons nous et demain" .......

Nous savons faire des « porte à porte ». Faisons-en pour les communistes qu’on ne voit pas. Allons parler de leurs préoccupations, de ce qu’ils pensent qu’il faudrait faire et de ce qu’ils auraient la possibilité de faire. Demandons leur d’envoyer leur contribution à la commission du texte de la base commune, à leur fédération, à leur section. S’ils n’ont pas internet, qu’ils écrivent. Mieux encore, qu’ils aillent aux réunions.

Le congrès est avant tout l’affaire des communistes. Même pour nous, notre politique sera définie en fonction du rapport de forces. Alors, agissons pour que chaque communiste donne son avis. Oralement, par courrier, par internet !

LES SERVICES PUBLICS.

Il est clair que le mot d’ordre : "défense des services publics" ne veut plus dire grand-chose.Au fil des ans les dirigeants du pays ont pratiqué, envers les services publics, la politique de l’artichaut. Feuille par feuille ils sont arrivés au cœur. Comme cela ne leur semblait pas suffisant ils ne les ont pas seulement accusés d’avoir la rage ils ont fait en sorte qu’ils l’aient. Histoire que les gens réclament leur privatisation.

Chaque feuille de l’artichaut arrachée a entraîné des dégâts collatéraux considérables. Par exemple, au début des années 1990 La Poste a arrêté les ambulants (trains sur lesquels les postiers triaient le courrier des départements traversés). Cela a causé d’énormes problèmes pour le personnel mais pas seulement. Les bureaux-gares (centres de tri dans les gares) ont fermé. Le courrier a été acheminé dans des camions du privé au lieu d’utiliser les T G V. Le pourcentage du courrier distribué à j + 1 a diminué ............ Dans le même temps avec les progrès techniques sont arrivées des machines à trier de plus en plus en plus performantes. Dans ces conditions il ne serait pas envisageable de rétablir les ambulants.

Réfléchir, peut-être avec les organisations syndicales et les associations de consommateurs, aux moyens à mettre en œuvre pour que dans tout le pays les lettres et les colis soient distribués à j+1 serait indispensable. Pour l’ensemble des services publics, au moins là où il y a des communistes, il faudrait faire la liste des besoins et agir en conséquence.

ET SI ON REPARLAIT DES NATIONALISATIONS ?

Il y a quelques semaines, la ministre des finances est allée avec son escarcelle voir le patron de TOTAL. Il lui a donné un peu plus de 100 millions d’euros. Quelle honte ! Avec les milliards de bénéfices qu’il fait tous les ans il est inadmissible que la ministre fasse cette démarche ! Je suis sûr que ce monsieur, la ministre et quelques autres sont de farouches défenseurs de la LIBERTE. De la leur !

Puisque la liberté des uns s’arrête là ou elle embête les autres, et que celle là fait d’énormes ravages, sans revenir à la dictature du prolétariat on pourrait avoir des mesures un peu cœrcitives. Certes les entreprises nationalisées n’ont pas laissé que de bons souvenirs.Et si on les remettait à l’ordre du jour en réfléchissant aux moyens qu’il faudrait prendre pour éviter les erreurs ? Si par exemple les représentants du personnel avaient plus de pouvoir cela ne serait pas mauvais .Et si les représentants des usagers siégeaient au conseil d’administration ?

Voila camarades quelques unes des réflexions que je fais pour notre prochain congrès Je vous en souhaite bonne réception et vous adresse mes salutations fraternelles. Bon courage. Paul