Patricia Latour
Pour une convergence anticapitaliste
16 octobre 2008
Le capitalisme menace la civilisation. La formidable crise qu’il traverse en est la preuve. Il n’existe qu’une solution pour surmonter ses effets désastreux ; une transformation radicale de la société : une révolution. Nous avons besoin d’un vrai parti communiste, révolutionnaire et ouvert, capable de contribuer à la construction d’une perspective à gauche, mais le rassemblement ne peut se faire uniquement autour de lui. La question des alliances reste posée. Aujourd’hui, la direction du Pcf n’envisage d’alliance possible qu’avec le Parti socialiste. On ménage, comme on dit, « la chèvre et le chou » sans aller franchement au bout de la critique de ce que fut « la gauche plurielle ». Le Pcf a perdu ses repères. En cédant au discours dominant, notamment sur l’expérience du socialisme au cours du XXe siècle, en sonnant les mêmes sirènes humanitaristes que les autres, il a contribué à discréditer toute idée révolutionnaire. Le Pcf doit renouer avec un marxisme vivant, s’affirmer comme le parti du monde du travail, du prolétariat tel que le définit Marx lui-même, c’est-à-dire de tous les exploités. Il doit reprendre la discussion et la réflexion sur le socialisme et le communisme. Face à la droite, il faut être prêt à lutter, sans sectarisme, avec les autres forces de gauche (pas seulement les socialistes), avec tous les démocrates attachés au progrès, à la justice, aux libertés, de plus en plus convaincus que c’est le système capitaliste qu’il faut changer. La stratégie des communistes doit être claire : travailler à une convergence anticapitaliste, sans volonté d’hégémonie et sans renoncer à être de vrais communistes. Les collectifs antilibéraux n’ont pas réussi à crédibiliser une alternative populaire, vraiment à gauche. Les communistes (de la LCR, et du PCF) ont une part de responsabilité. C’est en fin de course, le Ps qui a raflé la mise. Non pas que sa stratégie fût plus claire, mais il apparaissait comme le seul à s’opposer à Sarkozy. Et à défaut de grives… Rechercher une union au sommet, pour « sauver les meubles » relève de l’autodestruction pure et simple. L’union doit se reconstruire en bas avec tous ceux qui ne supportent plus les effets dévastateurs du capitalisme. Le Parti ne peut pas se concevoir sans un lien dialectique avec le mouvement unitaire. C’est dans cette action unitaire que le parti des communistes de France retrouvera ses couleurs. Patricia Latour

