Les parlementaires communistes mobilisés contre la saignée de la Grèce et de son peuple :

Nous refusons de passer la corde au cou du peuple grec !

Extrait de l’intervention de Jean-Pierre Brard, dans le cadre de l’examen de la loi de finances rectificative et du "plan d’aide à la Grèce".

« Par le plan que vous développez, vous allez monter la population grecque contre l’Europe. Vous l’humiliez ! Vous persistez à vouloir construire une civilisation au rabais, empreinte d’égoïsme et marquée par la seule recherche du profit à court terme, un modèle de société au service des intérêts privés et des banques, négligeant l’émancipation humaine et le droit de chacun à l’épanouissement. »

Intervention de Nicole BORVO COHEN-SEAT au Sénat dans le cadre de la présentation du "plan d’aide à la Grèce".

« Je voudrais d’abord saluer le peuple grec qui se mobilise et résiste. Je déplore que l’action populaire ait été endeuillée par des agissements inqualifiables de quelques individus qui n’ont rien à voir avec les manifestants. Votre gouvernement prétend aider la Grèce. En réalité, encore une fois, il soutient les banques.

Être solidaire du peuple grec, c’est refuser qu’il soit humilié et contraint de payer au prix fort une crise dont sont responsables les milieux financiers et leurs représentants politiques en Grèce. C’est refuser que ce peuple soit plongé encore dans une dangereuse récession.

En 2008, vous étiez prêts à mettre 340 milliards d’euros d’argent public à la disposition des banques, sans conditions. Depuis, elles continuent leurs activités spéculatives et affichent aujourd’hui des profits insolents.


7 mai 2010

Alors qu’elles se refinancent sur les marchés au taux directeur de la BCE – autour de 1 % -, elles vont prêter à l’Etat français à près de 3 %, lequel prêtera à la Grèce au taux prohibitif de 5 %.

Ces mêmes banques françaises, le Crédit Agricole, la Société générale, la BNP – et autres organismes financiers ont d’ores et déjà profité au cours de ces dernières années de la dette grecque, dont elles détiennent 41 %, soit 60 milliards d’euros.

Elles vont en être récompensées non seulement en n’ayant jamais pris le moindre risque, mais en engrangeant de nouveaux bénéfices. Nous ne pouvons que faire le constat de l’inexistence d’une Europe solidaire. Par contre, l’échec de l’Europe libérale des Traités de Maastricht et de Lisbonne est patent.

Monsieur le Premier Ministre, nous refusons de passer la corde au cou du peuple grec.

A l’évidence, il serait urgent de revoir le Traité de Lisbonne et de réorienter le rôle de la BCE.

Mais dans l’urgence, nous vous demandons, d’une part, de renoncer à faire du profit sur le prêt que vous accordez à la Grèce et de lui appliquer le taux directeur de la BCE, c’est-à-dire 1%, voire moins.

D’autre part, de prendre des sanctions à l’encontre des banques, assurances et organismes financiers qui spéculent sur les dettes des Etats ».