Les propositions du PCF pour l'Ecole

Par Stéphane Bonnery, Benoît Hooge, Wilfried Lunel, Marine Roussillon

Dans plus d’une cinquantaine de débats sur le programme partagé, parmi lesquels figure notamment le forum national de Rennes, le réseau-école du PCF a fait part de ses analyses et propositions, et nous avons pris en compte des arguments formulés par les nombreux citoyens qui y ont participé.

Sans entrer dans les détails de nos multiples propositions, voici l’essentiel de ce que nous en retenons, qui a trouvé un large écho.

LE BESOIN DE PROJET

La droite casse le service public d’Éducation nationale. Dans le même temps, elle construit une autre école, au service des intérêts du capitalisme. Pour construire cette école inégalitaire, elle s’appuie sur l’insatisfaction provoquée par l’école de la République.

Celle-ci était fondée sur un compromis entre l’élévation générale du niveau des savoirs et la reproduction des inégalités sociales.

Aujourd’hui, la démocratisation est bloquée, l’école est ressentie comme productrice d’échec.

Télécharger la lettre du réseau école - Avril 2011


28 avril 2011

Nous ne pouvons donc pas nous contenter de nous opposer au projet de la droite : les exigences populaires, la crise, rendent indispensable un projet pour l’école et pour toute la société. Il ne suffit pas d’aligner des propositions « techniques » : il faut réorienter l’école et construire l’école de la réussite pour tous.

Voici quelques-unes de nos propositions qui se déclinent autour de quelques axes de projet.

UNE CULTURE SCOLAIRE COMMUNE POUR PRENDRE POUVOIR SUR LE MONDE

Les savoirs jouent un rôle croissant dans l’économie et dans la société. L’OCDE et l’Europe cherchent à accaparer ces savoirs au service du patronat et, en construisant des écoles inégalitaires, en renonçant à enseigner à tous ces savoirs de haut niveau : sélection précoce des élèves, différenciation et individualisation des parcours avec des objectifs inégaux selon les établissements.

Au contraire, nous voulons répondre aux défis de l’avenir en construisant une école qui permette l’élévation générale des acquisitions. La société en a besoin.Tous les élèves ont le droit de développer le pouvoir de penser par l’appropriation de savoirs ambitieux (contrairement au socle commun).

Les programmes doivent être repensés dans une progressivité entre les degrés, où les disciplines visent avant tout l’émancipation intellectuelle, la réflexivité sur le monde et les pratiques.

Le pouvoir du savoir pour chacun. L’école doit œuvrer à la maîtrise des choix individuels et collectifs, pour apprendre aux enfants à partager leurs différences et à construire du commun (contre les identités communautaires…).

Les mêmes programmes pour tous, c’est une condition de l’égalité. Cela nécessite un service public national, avec une nouvelle sectorisation scolaire (contrairement à la logique de transfert à l’autonomie-concurrentielle des établissements et à la marchandisation). Nous proposons des observatoires des inégalités territoriaux et paritaires. Formation commune = qualification égale. Non à l’individualisation des parcours et à l’isolement des futurs travailleurs.

UNE NOUVELLE PHASE DE DÉMOCRATISATION SCOLAIRE CONTRE LES INÉGALITÉS

Tous capable !

Tous les enfants sont capables d’apprendre ces savoirs et de progresser si l’on crée les conditions. L’échec scolaire n’est donc pas une fatalité, mais le résultat d’un choix politique. À nous de construire une école capable d’accueillir et de faire progresser tous les enfants :

• Un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école qui soutienne les pratiques démocratisantes (relance de la recherche en éducation et de la formation d’enseignants, développement de la formation continue, du temps donné aux enseignants pour réfléchir sur leurs pratiques). Les choix pédagogiques ne sont pas des choix techniques : si le politique n’a pas à dire comment il faut enseigner, il doit fixer des objectifs. Nous voulons en finir avec les pratiques de tri social à l’école.

• Du temps pour apprendre des savoirs plus complexes à plus d’enfants. Droit à la scolarité dès 2 ans) ; allongement du temps scolaire (au contraire des tentatives de réduction portées par les débat sur les rythmes scolaires) : scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ; relance de la scolarité unique (élémentaire, collège) pour préparer tous les élèves à poursuivre au-delà.

• démocratisation du recrutement social des enseignants (pré-recrutements). Plan de recrutement de personnel enseignant et non-enseignant, sous statut de la fonction publique d’État, en recréant les postes supprimés et en les augmentant pour répondre aux besoins.

• Les filières professionnelles et technologiques sont à revaloriser, surtout à l’heure où elles sont menacées.Mais elles ne peuvent pas être la seule issue pour les enfants des familles populaires. La démocratisation implique qu’en amont de l’orientation, dès le plus jeune âge, il faut repenser toute l’école sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre les savoirs scolaires. La grande majorité des enfants viennent de famille qui ne sont pas familières de la culture scolaire et des nouveaux savoirs de haut niveau.

Il faut cesser de renvoyer aux familles la responsabilité de la réussite scolaire : c’est pénaliser celles qui n’ont pas fait d’études et ne peuvent payer des cours privés. L’école à l’école. C’est cette transformation progressiste de l’école qui réduira le recours au privé, au périscolaire marchand et à la pression scolaire sur l’espace familial.