Interpellation du gouvernement par Eliane ASSASSI pour la sauvegarde de l'activité de triage sur la plateforme ferroviaire du Bourget
« J’attire votre attention sur la situation alarmante du fret ferroviaire, qui pâtit depuis 2002 des restructurations décidées par la direction de la SNCF avec l’appui des gouvernements successifs. Pas moins de 10 000 postes ont ainsi été supprimés, 500 gares fermées et 1,5 million de camions jetés sur la route. La SNCF accuse le fret de lui coûter trop cher : elle annonce pour le premier semestre de 2009 un déficit de 496 millions d’euros dont 323 millions sont imputables au fret.
Pourtant le transport de marchandises est un enjeu considérable pour notre pays en matière d’emplois, d’économies d’énergie, de préservation de l’environnement, de santé publique, de qualité de vie et de sécurité routière. Il est indispensable de rompre avec la logique actuelle qui privilégie le transport routier qui va à l’encontre de ces objectifs et utilise une main-d’oeuvre dont les conditions de travail sont dégradées. D’autres solutions existent, qui impliquent de cultiver les atouts de la SNCF comme le réclament depuis longtemps les syndicats. Il faudrait développer les plateformes logistiques aux portes de Paris, en particulier au Bourget, favoriser l’acheminement entre les plateformes sur la grande ceinture, et mettre en place un système de collecte et de distribution par voie ferroviaire ou routière dans la zone intra muros reliée aux plateformes où sont assemblés les trains circulant entre les plateformes. Le mode routier ne serait alors utilisé que pour les très courtes distances.
22 septembre 2009
Aujourd’hui, l’activité de fret de la plateforme du Bourget, située dans mon département, est particulièrement touchée par ces restructurations. Les cheminots sont inquiets et s’interrogent sur l’avenir du fret ferroviaire en France : le 16 septembre dernier, ils se sont assemblés au Bourget pour exiger le maintien et le développement du service public du transport de marchandises. Le même jour, le Gouvernement a présenté son plan « Fret d’avenir » financé à hauteur de 7 milliards d’euros. Mais nous ne sommes pas dupes : la direction de la SNCF a déjà pris la décision de réformer le fret.
Elle doit présenter ses orientations aujourd’hui même lors du comité central d’entreprise, et demain lors du conseil d’administration. Elle prévoit d’ores et déjà d’abandonner entre 50 et 70 % du trafic du wagon isolé, transféré vers des opérateurs dits « de proximité », et de créer des filiales consacrées à certains secteurs d’activité où les employés n’auront pas le statut de cheminot. Cette réorganisation devrait entraîner la suppression d’ici deux ans de 4 000 à 6 000 emplois sur un total de 14 000, et aboutir à la privatisation du transport de marchandises.
Le Gouvernement a-t-il l’intention d’abandonner ses projets de filialisation de du fret de la SNCF et d’encourager le report modal de la route vers le rail en confirmant que le transport de marchandises est bien un service public ? Comment compte-t-il soutenir et développer l’activité de triage sur le site du Bourget dont la modernisation constitue un enjeu d’intérêt général ? »
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